Isoler son logement, sa maison, et des locaux d’entreprises est indispensable que ce soit en construction ou en rénovation. La réglementation thermique s’applique aussi bien aux nouvelles constructions qu’aux rénovations et impose un niveau de performance énergétique minimal. La réglementation le rappelle, l’isolation est le premier levier d’économies d’énergie. Elle permet de réduire les dépenses énergétiques, augmenter le confort, préserver l’environnement et éviter la précarité énergétique.
Que l’on soit propriétaire ou locataire, pour pouvoir isoler son logement il existe des aides financières, des incitations fiscales qui allègent le budget isolation mais aussi des possibilités matérielles pour se faire aider dans les travaux d’isolation thermique et/ou phonique.
La réglementation pour l’isolation
C’est notamment la réglementation thermique en cours qui détermine les seuils de performance énergétique, donc d’isolation des bâtiments. La RT 2012 en cours impose en construction neuve des seuils de consommation en énergie identiques aux exigences du bâtiment basse consommation (BBC).
Quant à la loi pour la transition énergétique, elle impose depuis 2017 que les immeubles d’habitat collectif (copropriétés), mais aussi la plupart des bâtiments énergivores existants (≥ Classe F du DPE) voient leur isolation renforcée, afin de satisfaire à des niveaux de performance énergétique d’ici 2050.
Pourquoi et comment effectuer l’isolation ?
En habitat collectif, l’isolation des appartements par leurs occupants est encore plus nécessaire à l’heure où l’individualisation des dépenses en chauffage collectif va faire grimper la facture énergétique des copropriétaires et locataires.
En maison individuelle, parmi les 3 travaux les plus rentables en matière de retour sur investissement (amortissement du montant des travaux par les économies d’énergie), l’isolation en représente 2 sur 3 et l’isolation des combles et de la toiture vient en premier, puis l’isolation des murs juste après la rénovation du système de chauffage. C’est-à-dire que pour tout bâtiment, l’isolation est primordiale, surtout s’il s’agit d’une maison individuelle.
Il existe deux principales possibilités pour effectuer ou renforcer l’isolation d’une maison ou d’un bâtiment construit : par l’intérieur ou par l’extérieur de la construction. Il existe également deux catégories d’isolation : thermique et phonique. Chaque possibilité, chaque catégorie ouvre droit à des aides financières et des incitations fiscales permettant aux occupants de réduire leurs consommations en énergie, limiter les dépenses énergétiques et améliorer le confort de leur logement.
Quelles aides pour quelle isolation ?
La principale différenciation au niveau des aides à l’isolation vient du type d’isolation à réaliser : thermique ou phonique.
Isolation phonique
Les aides à l’isolation phonique s’appliquent d’autant plus que le logement est situé à proximité d’un des 10 aéroports concernés par un plan de gêne sonore (PGS). Dans ce cas, même l’étude acoustique préalable (en plus des études et opérations préalables à la réalisation des travaux de renforcement de l’isolation) est prise en charge.
Isolation thermique
Les aides à l’isolation thermique sont les plus importantes notamment depuis la loi n° 2015-992 du 17 août 2015, relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Cette dernière a instauré, maintenu et augmenté de nombreuses aides existantes avec dorénavant la nécessité de faire appel à une entreprise ou un artisan RGE (reconnu garant de l’environnement) afin d’éviter les dérives qui ont pu exister dans la notion d’éco-conditionnalité. Néanmoins, depuis 2021, à titre expérimental pour 2 ans, des artisans « non-RGE » peuvent également faire bénéficier leurs clients des aides publiques, s’ils obtiennent, au cas par cas (chantier par chantier), une « qualification-chantier » (arrêté du 24 décembre 2020).
Il existe également des prêts économie d’énergie. On compte parmi eux l’éco-PTZ, le prêt à l’amélioration de l’habitat (PAH de la CAF) mais aussi des prêts bancaires à taux réduit proposés par les banques et certains fournisseurs d’énergie. Notez que l’éco-PTZ est également applicable aux parties communes des copropriétés.
L’article 15 de la loi de finances pour 2020 a transformé le CITE en prime forfaitaire versée par l’ANAH au moment de la réalisation des travaux. Le montant de la prime est fixé par un arrêté du 30 décembre 2021. La transformation intégrale du CITE s’est effectuée en 2 temps :
- Au 1er janvier 2020 : pour les ménages les plus modestes, le CITE et l’aide Habiter Mieux Agilité de l’ANAH ont fusionné en une prime nouvelle : MaPrimeRénov’. Le CITE a été maintenu jusqu’au 31 décembre 2020 pour les ménages aux revenus intermédiaires.
- Au 1er janvier 2021 : suppression définitive du CITE et extension du bénéfice de la prime à tous les ménages. La demande s’effectue en ligne sur Maprimerenov.gouv.fr.
Depuis le 1er septembre 2023, le recours à Mon Accompagnateur Rénov’ est obligatoire afin de bénéficier de MaPrimeRénov’ pour les forfaits de 2 travaux ou plus avec plus de 10 000 € d’aide.
Si les travaux d’isolation sont éligibles aux critères d’attribution de MaPrimeRénov’ et/ou de l’éco-PTZ, les fournitures, la main-d’œuvre et les équipements bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 %.
Des aides spécifiques nationales de l’ANAH, l’ADIL, l’ANIL, mais aussi régionales ou départementales (selon la commune dans laquelle se situe le logement) existent. Votre banque propose peut-être aussi le prêt avance rénovation (ou prêt avance mutation). N’hésitez pas à vous rapprocher de votre mairie ou de votre banque pour en savoir plus.
Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, les aides des certificats d’économie d’énergie que proposent les fournisseurs et distributeurs d’énergie (électricité, gaz, fioul mais aussi carburants) sont des opportunités à ne pas négliger.
Il est ainsi possible de bénéficier d’une prime « Coup de pouce Rénovation performante d’une maison individuelle » dans le cadre d’une rénovation globale pour les travaux engagés jusqu’au 31 décembre 2025 et achevés au plus tard le 31 décembre 2026. Cette bonification a été mise en place par un arrêté du 8 octobre 2020 et modifiée par un arrêté du 11 mars 2021 puis par un arrêté du 10 décembre 2021.
La bonification concerne les travaux permettant d’atteindre une baisse de consommation annuelle en énergie primaire (sans déduction de la production d’électricité autoconsommée ou exportée) sur le chauffage, le refroidissement et la production d’eau chaude sanitaire d’au moins 55 %.
Le montant de la prime varie en fonction de la consommation annuelle d’énergie primaire obtenue après les travaux et des ressources des ménages :
- pour les travaux permettant d’obtenir une consommation annuelle d’énergie primaire après travaux inférieure ou égale à 110 kWh/m² :
- 50 €/MWh pour les ménages modestes ;
- 300 €/MWh pour les autres ménages ;
- pour les autres travaux :
- 250 €/MWh pour les ménages modestes ;
- 200 €/MWh pour les autres ménages.
Aides à l’isolation : conseil
Avant de monter le(s) dossier(s) de prêt, d’aides et de subventions, il est impératif d’étudier d’abord quel type d’isolation effectuer : phonique, thermique ou les deux conjointes (conseillé), en sachant que l’isolation thermique peut parfois nuire ou renforcer l’isolation acoustique. À ce titre, il est judicieux d’étudier les différentes possibilités d’isolation par l’intérieur ou par l’extérieur, en comparant les performances des isolants.
Pour toute question sur la rénovation énergétique de votre logement, notamment au sujet des aides disponibles, vous pouvez vous renseigner auprès des conseillers France Rénov’.